ARUTAM est une association de soutien aux peuples premiers en Equateur, au Pérou et au Mexique, qui œuvre pour la protection des territoires et des savoirs-faire autochtones (Zéro Déforestation, Bateau Selva Viva, Chemins de pèlerinage huichol). En France, elle favorise les échanges culturels (voyages solidaires, rencontres, publications, expositions) en vue de renforcer le maintien des traditions et l’ethnodiversité.
Comment est née votre association ARUTAM ?
Arutam est née d’une longue et fidèle amitié depuis 1992 avec les Indiens Shuar d’Equateur, plus connus sous le nom de Jivaro. Son développement s’est accentué avec l’invitation de dirigeants autochtones en France dès l’année 2000.
Aujourd’hui, Arutam est une association de soutien aux peuples premiers en Equateur, au Pérou et au Mexique, qui œuvre pour la protection des territoires et des savoirs-faire autochtones (Zéro Déforestation, Bateau Selva Viva, Chemins de pèlerinage huichol). En France, elle favorise les échanges culturels (voyages solidaires, rencontres, publications, expositions) en vue de renforcer le maintien des traditions et l’ethnodiversité.
Quelle est la relation entre peuples autochtones et protection de la nature/biodiversité ?
Les peuples autochtones sont les meilleurs gardiens de leurs territoires ancestraux, ces espaces naturels qu’ils conservent depuis des millénaires. Les risques d’acculturation due à une mondialisation croissante du mode de vie moderne nous conduisent à les soutenir dans la préservation de leurs traditions et savoirs-faire afin qu’ils trouvent leur voie, celle qu’ils réclament ardemment depuis 500 ans, à savoir un « développement avec identité » tout en respectant la vie sur Terre.
Quelle est la situation environnementale dans les pays (Mexique, Equateur, Pérou…) où vous travaillez ?
Les pressions extérieures sur les territoires autochtones sont nombreuses : l’exploitation du bois, la déforestation pour l’agriculture intensive d’exportation (huile de palme et élevage bovin), l’installation de colons sans terres et maintenant, l’exploitation pétrolière. Ailleurs comme au Brésil, l’orpaillage et la culture du soja sont d’autres menaces auxquelles les peuples premiers ont à faire face.
Comment voyez-vous les changements environnementaux (bons et mauvais) dans cette région dans les prochaines années ?
Globalement, nous avons toutes les raisons d’être inquiet pour l’environnement dans les pays du sud, principalement à cause de leur croissance démographique et économique. Par exemple, la déforestation en zone tropicale à la vitesse de 1,5 % par an en moyenne depuis 30 ans entraînera la disparition totale de l’Amazonie d’ici à 2070 ce qui conduira à des modifications majeures des grands courants climatiques mondiaux…
Seuls une entraide internationale concertée et un changement de notre mode de vie pourront ralentir le désastre !
Quelles sont vos principales actions pour sauvegarder les équilibres naturels et humains de la région ?
Zéro Déforestation est un élan de solidarité pour la préservation des forêts anciennes notamment au travers de la restitution de titres fonciers par voie légale aux peuples autochtones : www.zero-deforestation.org
Le Selva Viva est un bateau-école qui sillonne l’Amazonie péruvienne pour protéger la biodiversité et qui s’autofinance en partie par le tourisme solidaire, une manière originale de voyager utile : www.latitudsur.org !
Quelles sont les actions que vous préparez et celles dont vous rêvez ?
Ces deux projets nous accaparent tellement, si bien que pour le moment nous essayons surtout de former et structurer nos équipes sur place. La pérennité de nos actions est devenue notre ambition principale. Nous essayons par exemple d’impliquer, d’associer des entreprises ici en France pour ces actions au bout du monde qui pourtant nous concernent tous. Les Indiens nous demanderont peut-être une autre aide dans quelques années, ce sera alors notre prochain rêve !
Un dernier mot sur votre travail, une idée, un commentaire ?
La solidarité sera mon dernier mot. A l’heure où la planète Terre devient un petit jardin menacé d’asphyxie, il est urgent d’agir tous ensemble. Merci d’avance pour votre soutien, au nom des Indiens de la forêt !